Sculpture

La chorale au Mont

arkadi lavoie lachapelle

Nous léguons un lieu de rassemblement pour les 100 prochaines années

Depuis 2016, les élèves du Parlement du Mont accompagnés de l’artiste arkadi lavoie lachapelle et de l’animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire de l’école, Dominique Mac Conaill, ont enclenché un processus d’acquisition d’œuvre d’art public. À travers ce véritable projet sociopolitique, ils souhaitent pérenniser la présence de l’œuvre La chorale au Mont, un banc berçant pour 20 personnes, devenue un symbole de communauté pour les élèves.

Le récit

L’histoire de La chorale au Mont débute en 2012 dans l’énergie d’Occupons Montréal et du mouvement étudiant qui activent enfin pour la génération de l’artiste une prise de parole collective et profonde remettant en question, de l’intérieur, le système d’éducation et, de ce fait, le projet québécois de société. Ces rassemblements prennent dès lors toute sorte de formes : assemblées populaires, discussions en petit groupe, repas communautaires, marches journalières, campements et surtout occupations physiques de l’espace public.  

Habitée par cette vitalité, mais également épuisée par l’engagement militant quotidien, arkadi lavoie lachapelle élabore La chorale : un banc berçant en bois de tilleul, léger et démontable, inspiré des chaises berçantes anciennes, incluant 20 places et construit de façon artisanale avec l’aide de l’ébéniste Gilles Rivard. Un espace performatif pour garder la mémoire de l’élan solidaire et réflexif d’un engagement et d’une lutte commune en offrant une expérience physique d’un rythme partagé. De l’action d’un pouvoir-du-dedans et non d’un pouvoir-sur, négocié entre les berceurs et berceuses, n’excluant pas la résistance, et qui implique que, tout en se berçant, tout en se faisant du bien à soi-même, on peut également en faire aux autres.

Après quelques présentations dans des centres de diffusion artistique et quelques années d’entreposage dans un salon familial, en 2015, l’artiste propose au centre d’artistes Verticale d’installer la sculpture monumentale dans un lieu non destiné à l’art, à Laval. Ainsi, avec le soutien de Verticale et de l’enseignant d’arts plastiques Fabrice Landry, la direction de l’école Mont-de-la Salle accepte d’accueillir l’œuvre dans son hall d’entrée d’octobre 2015 à octobre 2016.  

La communauté scolaire s’approprie alors rapidement l’œuvre et l’intègre dans son espace de vie. Durant les pauses et les dîners, des dizaines de personnes – jeunes comme adultes – s’y rejoignent, assises, pour jaser, manger, jouer, écrire, lire, attendre ensemble. Un esprit de communauté se forme ainsi sans que les gens ne se connaissent. Les passants – élèves, enseignants, visiteurs, public lors de spectacles – s’assoient spontanément sur l’œuvre, se berçant collectivement.  

L’impact du passage de l’œuvre est tel qu’en octobre 2016, les soixante élèves du Parlement étudiant de l’école, représentant leurs pairs, votent un appui à la démarche proposée par Édith Beatrice Alexandru (gr. 405) et appuyée par Labiba Malik (gr. 501). La proposition vise à ce que l’école acquière le banc de façon permanente, une résolution entérinée par le conseil d’établissement de l’école. Nous pouvons lire dans cette résolution : 

Le Parlement du Mont […] souhaite, par ce moyen, pouvoir léguer aux générations étudiantes du Mont des cent prochaines années une œuvre qui parle de “vivre ensemble”, de communauté et de partage.

L’école Mont-de-la Salle est un carrefour international avec 70 % des élèves issus de l’immigration de première ou deuxième génération. La chorale devient de ce fait le symbole de la volonté de se construire une communauté harmonieuse et, par l’invitation implicite à s’asseoir et sa capacité d’accueillir jusqu’à vingt personnes à la fois, crée cette communauté en soi.  

Au printemps 2018, le processus d’acquisition et la recherche de fonds sont toujours en cours. La nouvelle version de La chorale au Mont sera construite en partenariat avec l’ébéniste Natacha Chamko et l’Atelier Clark afin d’être adaptée au bercement quotidien d’une centaine d’élèves et de perdurer pour les cent années à venir. 

Les traces

Découvrez la résolution adoptée par le Parlement du Mont ici.

Il est possible d’appuyer financièrement le projet par l’entremise de la Fondation du Mont qui recueille les dons pour le projet et la campagne sur gofundme.com. Pour des informations supplémentaires, communiquer avec Dominique Mac Conaill par courriel au dmacconaill@cslaval.qc.ca ou par téléphone au 450  662-7000, poste 4415.  

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Carte d'identité

arkadi lavoie lachapelle

arkadi lavoie lachapelle

Née l’année de la chute du mur de Berlin et de la tuerie de la Polytechnique, je suis une colon vivant et pratiquant à Tio’tia: ke (Montréal), en territoire Kanien’kehá: ka. Présentement, ma vie post-universitaire est influencée par les années vécues comme joueuse de soccer AAA, l’énergie collective du mouvement étudiant de 2012, la complexité du féminisme intersectionnel et une expérience spirituelle profonde.  

Ma pratique de l’art action, qu’elle se manifeste dans l’espace public, en galerie ou lors de conférences, cultive le paradoxe du geste performatif : un don énergétique transformateur qui peut à la fois bouleverser, déranger l’ordre des choses établies et faire du bien au corps, à l’esprit et au cœur. Depuis 2010, mes aventures artistiques, quelques fois anonymes et clandestines, se sont réalisées autant au pays que dans de petites et grandes villes russes et européennes. Je m’implique à l’organisation de plusieurs événements, dont le festival montréalais VIVA! Art action.  

Enfin, je me demande parfois si remplir un formulaire me donne le goût de vivre, si « un menu enfant pour emporter SVP » est de la pédophilie et si les personnes queer ont des pouvoirs magiques.

Partage

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Communautés durables

Coproduction et codiffusion

Verticale – centre d'artistes 

École secondaire Mont-de-La Salle 

Atelier Clark 

Remerciements

L’aventure de La chorale au Mont a nécessité (et nécessite toujours!) de l’attention, de la considération et de l’amour d’un nombre incalculable de personnes. En voici quelques-unes : 

Pour l’école secondaire Mont-de-La Salle : Dominique Mac Conaill, Fabrice Landry, Marie-Pierre Mailhot, Marc Laforest, Édith Beatrice Alexandru, Labiba Malik, les élèves du Parlement du Mont, l’équipe de l’entretien ménager (spécialement Robert), l’ensemble des élèves et des membres du personnel et de la direction de l’école ainsi que les parents et les visiteurs et visiteuses ponctuels. 

Pour Verticale – centre d’artistes : Alexis Bellavance, Charlotte Panaccio-Letendre et Lawrence Hagg. 

Pour l’Atelier Clark : Natacha Chamko, Peter King et Yan Giguère. 

Pour le soutien, les conseils, les encouragements et le jus de bras : François Rioux, Félix Chartré-Lefebvre, Michelle Lacombe, Valérie Provost, Yves Lavoie, Marie-Andrée Poulin, Guilhem Molinier, Geneviève Massé, Gilles Rivard, l’UQAM, Anne Bertrand et Stéphanie Chabot pour le Centre des arts actuels Skol, Stéphanie Francescutti et Chloé Beaulac pour le Centre culturel de Verdun, la lune, le hasard et l’équipe invisible. 

Crédits de l'oeuvre

Conception arkadi lavoie lachapelle

Ébénisterie Gilles Rivard 

Entretien et soin Natacha Chamko

Vidéo

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Photos

arkadi lavoie lachapelle  

Denis Farley  

Laurie Casaubon Rainville

Suivez les lignes de désir

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